SALINA (îles Eoliennes-Italie)

Longitude : 14° 87’ Est
Latitude : 38° 63’ Nord
Altitude : 962 m (Fossa del Felci)

L’île de Salina est, après l’île de Lipari, la deuxième île par sa surface (26,7 km2) de l’archipel éolien. Le nom récent de Salina vient de plantes saliformes situées dans la zone sud-est de l’île. Son nom ancien était Didyme car elle présente deux strato-volcans jumeaux. Les points culminants de l’île sont le Fossa del Felci (962 m), point culminant des îles Eoliennes et le Monte dei Porri (860 m). Ces deux strato-volcans sont séparés par le col de Valdechiesa (290 m).

l'ïle de Salina. Photo Dominique Decobecq

Selon les études et les datations, il existe 3 autres édifices plus anciens qui sont Secca del Capo, Monte Rivi et Pizzo Corvo avec des roches les plus anciennes datées à 500 000 ans.

Une randonnée intéressante est de monter au sommet du cratère de Felci, pour avoir la vue sur le cône parfait du Monte dei Porri. En débarquant à Santa Marina Salina, suivre la promenade du bord de mer vers la droite, en longeant la petite ville de Marina. Au bout de 300 m on arrive sur la route principale en direction de Malfa. Après 200 m un chemin balisé, avec un panneau, démarre à gauche de la route. On monte à travers de jolies petites maisons blanches et on arrive à un terre-plein, en limite du village et qui donne sur le débouché d’un barranco qui dévale du volcan. Ne pas aller dans ce barranco. Sur le terre-plein, il faut prendre le sentier qui, à gauche, démarre depuis un mur de soutènement. Passer derrière une maison en ruine puis monter, en suivant le sentier, qui est alors bien visible. Le sentier longe par le haut le barranco et permet d’observer la structure interne d’un strato-volcan. A partir de 200 m d’altitude l’on entre dans une forêt relique de laurier et de bruyère, du début du Quaternaire, quand toute la Méditerranée était recouverte par ce type de forêt.
Le sentier monte fort, mais à l’ombre de cette forêt, et débouche vers 600 m sur une large piste forestière. Aller vers la gauche et prendre un couloir de pare-feu. L’on débouche sur le bord du cratère de Fossa del Felci. Ce cratère est entièrement recouvert par une forêt de pins. La vue sur les îles Eoliennes est magnifique avec une belle vue sur Lipari et surtout sur le volcan jumeau du monte Porri.
Un point remarquable mis a part les deux sommets est le cratère de Pollara au Nord-Ouest de l’île. Ce cratère d’un diamètre d'un km fut créé il  y a 13 000 ans. Il  est tranché, avec un bord qui s’est effondré en mer.
Selon les données bathymétriques, un autre édifice se présente au nord-est de l’île reposant à 2 000 m sous le fond de la mer et il n’est plus qu’à 7 m de la surface.
 
 

Pourquoi des volcans dans la mer Tyrrhénienne ?

Salina, comme les autres volcans  (Stromboli,Vulcano, Lipari, Panarea, Alicudi, Filicudi) des îles Eoliennes, témoigne de la subduction de la plaque Africaine sous la plaque Eurasienne. Mais, dans le détail, les choses ne sont pas si simples que, dans l’arc insulaire des Antilles. La limite entre les plaques Africaine et Eurasienne étant très irrégulière.
En effet, c’est une longue histoire géologique qui a débuté il y a 180 millions d’années, avec le début de l’ouverture de l’Atlantique. Les deux  plaques lithosphériques Europe et Afrique ont commencé à se déplacer vers l’est, mais tout en se  côtoyant. Leurs mouvements l’une par rapport l’autre sont  à l’origine de nombreux volcans et de chaîne de montagnes dont la plus célèbre, les Alpes. Il existe en fait, entre les deux grandes plaques, de nombreux « petits blocs » : bassins océaniques, microcontinents qui sont autonomes, ce qui complique l’interprétation des phénomènes.

Le volcanisme fut d’abord lié à la subduction de la plaque Afrique et a débuté à l’Oligocène (30 millions d’années) en Sardaigne puis s’est déplacé dans l’arc Eolien et aussi en Campanie et vers Rome. Puis il y a 10 millions d’années est apparu un volcanisme d’extension, et une croûte océanique s’est mise en place au centre de la mer Tyrrhénienne. Cette accrétion d’une croûte océanique a commencé au Tortonien supérieur (Miocène terminal) près de la marge sarde et s’est propagée vers l’est durant le Pliocène et le Pléistocène. La présence de plusieurs volcans sous-marins comme les volcans Vasilov, Marsili (actif) en est le témoignage. Nous sommes devant un volcanisme d’arrière-arc.
 

Pour découvrir Salina

Depuis Milazzo, nombreux aliscafi de la SNAV et de la Siremar.
Il est également possible de se rendre à Salina, et sur les autres îles Eoliennes, depuis Naples par les bateaux de la Siremar : départ la nuit vers 21 h, et arrivée, après une nuit en mer, dans la matinée.
Attention : si la mer est agitée, si le vent est trop important, les aliscafi sont arrêtées. Vous pouvez donc rester en carafe. En sachant que le plus est difficile est d'aller vers le Stromboli où il y a juste une jetée et pas de port.

Référence : The island of Salina par Jörg Keller. Rendiconti della Societa Italiana die Mineralogie e Petrologia, Vol 36, pp. 489-524.